La Grande Sendrée 2010 n’est pas simplement une cuvée de champagne parmi d’autres. Elle incarne une trajectoire singulière, le fruit d’un héritage familial tenace et d’un savoir-faire affiné à travers les décennies. Laissez-vous guider à travers l’histoire du domaine Drappier et les caractéristiques marquantes de ce millésime, qui a su s’imposer comme une référence pour les amateurs de fines bulles.
L’histoire du domaine
L’histoire du domaine Drappier prend racine à Urville, un village paisible au cœur de la Champagne. C’est en 1808 que la famille Drappier y pose ses valises, menée par François Drappier, homme décidé à naviguer les aléas du XIXe siècle. Les années passent, les difficultés s’accumulent, mais le domaine tient le cap. Un tournant survient dans les années 1930, lorsque Georges Collot opte pour la plantation de pinot noir, un choix décisif qui façonne durablement l’identité de la maison.
En 1952, la Carte d’Or marque un moment clé : son étiquette jaune s’impose, sa recette, dominée par le pinot noir, traduit la vision du domaine. Voici la répartition qui la caractérise :
- 90 % de pinot noir,
- 5 % de pinot meunier,
- 5 % de chardonnay.
Le centre névralgique de Drappier bat sous les voûtes cisterciennes du XIIe siècle, vestiges de Clairvaux. À partir de 1979, Michel Drappier reprend le flambeau, poursuivant l’œuvre familiale. Les vignes entourent Urville, mais la maison s’appuie aussi sur des terroirs prestigieux : Bouzy, Ambonnay, Reims pour les pinots ; Cramant et l’Aube pour le chardonnay. Cette mosaïque de terroirs nourrit la personnalité inimitable des vins Drappier.
Les vins
La collection Drappier s’ouvre sur un Zéro Dosage qui frappe par sa puissance aromatique, parfois déroutante tant l’effervescence est présente. À l’opposé, la Carte d’Or offre une rondeur constante, incarnant l’esprit des bruts sans année. Clarevallis, elle, se distingue par une finale longue et tendue, presque saline, révélant une autre facette du style Drappier.
Le rosé, discret mais racé, allie structure et légèreté avec naturel. Moins connu, le coteaux-champenois intrigue : doux à l’attaque, mais ferme en finale, il ne laisse personne indifférent.
La grande sendree 2010 s’inscrit pleinement dans cette filiation, née d’une patience minutieuse. Elle ne se contente pas de suivre la lignée : elle impose un caractère assumé, sans compromis.
Ce qu’il faut savoir sur le champagne Grande Sendrée 2010
Plusieurs éléments forgent la singularité de la Grande Sendrée 2010 :
Le vin
L’assemblage provient de vieilles vignes enracinées sur des sols calcaires, appelés « crayots », témoins du relief jurassique. L’origine du nom, elle, remonte à l’incendie d’Urville en 1836. Une simple coquille administrative laisse « Grande Sendrée » sur les documents cadastraux. Depuis, cette mention accompagne chaque cuvée issue de ce lieu-dit.
Présentée dans une bouteille raffinée d’inspiration Louis XV, la cuvée provient de parcelles cultivées sans produits chimiques lourds, un engagement environnemental porté par la famille Drappier.
Vinification et élevage
Seul le premier jus issu du pressurage est retenu pour la Grande Sendrée 2010. La vinification par gravité préserve la pureté originelle du vin. Une part notable, soit 35 %, est élevée en foudres, apportant profondeur et complexité. Le dosage, fixé à 5,5 g/l, souligne le style sans masquer la finesse du vin.
Ce champagne ne craint pas de vieillir : sept ans de repos en cave n’altèrent ni sa fraîcheur, ni son éclat. Quant à la liqueur de dosage, elle patiente quinze ans en vieux fûts avant d’équilibrer chaque flacon. Ce travail méticuleux transparaît lors de la dégustation.
Assemblage
L’équilibre est de mise : le pinot noir domine (55 %), suivi du chardonnay (45 %). Cette alliance confère au millésime sa structure, une belle persistance et une énergie tout en retenue.
Dégustation
Impossible de rester indifférent devant la Grande Sendrée. Au premier nez, la complexité s’impose : cire d’abeille, miel, pâte d’amande, fleur d’acacia composent un bouquet séduisant. En bouche, le vin se déploie, large sans jamais être lourd, mêlant aubépine, fruits rouges confits, une touche minérale et une persistance qui signe les grandes cuvées.
Accords mets et vins
Ce champagne se prête avec talent aux plus belles tables. Parmi les alliances à rechercher, voici quelques pistes pour sublimer la dégustation :
- Fromages affinés de longue maturation, à l’image d’un comté d’alpage affiné au moins dix-huit mois,
- Viandes d’exception, comme une volaille de Bresse truffée et crémée,
- Poissons nobles, tel un turbot sous sauce hollandaise ou un carpaccio de Saint-Jacques servi glacé.
Service
Pour tirer le meilleur de ce vin, servir à 8 °C permet de révéler toute la palette aromatique. Ce détail change tout et fait ressortir chaque nuance.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Bouteille après bouteille, la Grande Sendrée 2010 trace sa route, discrète mais affirmée. Son souvenir s’accroche, longtemps après que le bouchon a sauté, comme une empreinte qui ne s’efface pas.


