Les essentiels à connaître sur le champagne grande sendrée 2010

23/02/2026

La Grande Sendrée 2010 n’est pas simplement une cuvée de champagne parmi d’autres. Elle incarne une trajectoire singulière, le fruit d’un héritage familial tenace et d’un savoir-faire affiné à travers les décennies. Laissez-vous guider à travers l’histoire du domaine Drappier et les caractéristiques marquantes de ce millésime, qui a su s’imposer comme une référence pour les amateurs de fines bulles.

L’histoire du domaine

Drappier, c’est d’abord une histoire d’ancrage à Urville. En 1808, la famille s’y installe, portée par la détermination de François Drappier, bien décidé à bâtir quelque chose qui dure. Les obstacles ne manquent pas, le XIXe siècle n’est pas tendre, mais la famille serre les rangs. Un choix décisif change la donne dans les années 1930 : Georges Collot mise sur le pinot noir. Cette intuition façonne l’identité Drappier, encore aujourd’hui.

Le vrai tournant arrive en 1952 avec la Carte d’Or : une étiquette jaune reconnaissable entre mille, et surtout une recette affirmée, axée sur le pinot noir. Pour mémoire, la composition :

  • 90 % pinot noir,
  • 5 % pinot meunier,
  • 5 % chardonnay.

Les caves cisterciennes du XIIe siècle, vestiges de Clairvaux, abritent le cœur du domaine. En 1979, Michel Drappier reprend la direction et continue le travail, fidèle à la vision familiale. Les vignes ceinturent Urville, mais Drappier s’appuie aussi sur des terroirs renommés : Bouzy, Ambonnay, Reims pour les pinots noirs ; Cramant et l’Aube pour le chardonnay. Cette diversité de sols donne aux champagnes Drappier leur personnalité unique.

Les vins

La palette Drappier démarre fort avec le Zéro Dosage, un vin d’une puissance aromatique saisissante, presque brute par sa vivacité. À l’autre bout, la Carte d’Or séduit par sa rondeur constante, fidèle à l’esprit des bruts sans année. Clarevallis, quant à elle, s’étire en bouche avec une tension saline, révélant une facette plus minérale du style maison.

Le rosé, discret mais racé, réussit l’alliance de la structure et de la légèreté. Moins attendu, le coteaux-champenois interpelle : douceur à l’attaque, fermeté en finale, il ne laisse personne sur le bord du chemin.

La grande sendree 2010 s’inscrit dans cette lignée exigeante. Mais ce millésime ne se contente pas d’imiter : il affirme son style, revendique une identité propre, et ne s’excuse de rien.

Ce qu’il faut savoir sur le champagne Grande Sendrée 2010

Ce millésime ne ressemble pas aux autres. Plusieurs caractéristiques sculptent sa personnalité :

Le vin

Tout commence avec des vieilles vignes, enracinées sur des sols calcaires nommés « crayots », témoins du relief jurassique. Petite anecdote : le nom « Grande Sendrée » vient d’un incendie qui ravage Urville en 1836, puis d’une coquille administrative sur les registres cadastraux. Depuis, chaque cuvée issue de ce lieu-dit porte ce nom chargé d’histoire.

La bouteille, inspirée du style Louis XV, renferme une cuvée issue de parcelles cultivées sans produits chimiques lourds. Un choix volontaire, assumé par la famille Drappier, qui mise sur une approche plus respectueuse du vignoble.

Vinification et élevage

Seul le premier jus, le plus pur, est conservé pour la Grande Sendrée 2010. La vinification par gravité évite tout artifice et préserve l’intégrité du vin. Près d’un tiers (35 %) passe en foudres, ce qui apporte de la profondeur. Le dosage, à 5,5 g/l, vient souligner le caractère du vin sans en masquer la finesse.

Ce champagne aime le temps : sept années en cave ne lui ôtent ni fraîcheur ni éclat. Même la liqueur de dosage, vieillie quinze ans en vieux fûts, témoigne d’un travail patient. À la dégustation, tout ce soin se retrouve dans le verre.

Assemblage

L’équilibre n’est pas un vain mot : 55 % pinot noir, 45 % chardonnay. Cette alliance construit la structure du vin, lui donne de la longueur et une énergie discrète mais présente.

Dégustation

Difficile de rester impassible face à la Grande Sendrée. Le premier nez est complexe : cire d’abeille, miel, pâte d’amande, fleur d’acacia… En bouche, le vin s’élargit, ample sans lourdeur, mêlant aubépine, fruits rouges confits, nuances minérales et une persistance qui signe les grandes bouteilles.

Accords mets et vins

À table, ce champagne trouve facilement sa place. Pour accompagner au mieux la dégustation, quelques pistes à explorer :

  • Fromages affinés sur le temps, comme un comté d’alpage affiné dix-huit mois ou plus,
  • Viandes nobles, pourquoi pas une volaille de Bresse truffée et crémée,
  • Poissons de choix, par exemple un turbot nappé de sauce hollandaise ou un carpaccio de Saint-Jacques servi frais.

Service

Pour révéler toute la richesse aromatique, la température de service change tout : 8 °C, ni plus, ni moins, et chaque nuance s’exprime.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Bouteille après bouteille, la Grande Sendrée 2010 poursuit son chemin. Sa trace demeure, longtemps après que le muselet a sauté, comme un écho discret mais tenace.

D'autres actualités sur le site